Purdue pourrait paradoxalement bénéficier financièrement de la crise sanitaire qu’elle a contribué à créer

Purdue pourrait paradoxalement bénéficier financièrement de la crise sanitaire qu’elle a contribué à créer

21 septembre 2018 Non Par taslitewp

Plus de 25 Etats américains ont récemment engagé des poursuites judiciaires contre la compagnie pharmaceutique Purdue Pharma pour son rôle dans la crise des opiacés. En effet, dans les années 1990, Purdue Pharma a dépensé plus d’un milliard de dollars en marketing et lobbying pour encourager les médecins à prescrire l’antidouleur OxyContin, un médicament hautement addictif.

Dès la fin des années 1990, de nombreux utilisateurs se sont plaints d’être devenus accros et certains se sont tournés vers d’autres drogues comme l’héroïne. Mais Purdue Pharma a continué à minimiser les risques.

Les procureurs de nombreux Etats accusent l’entreprise d’avoir menti aux patients et aux docteurs quant aux risques de ces opiacés et d’avoir poussé les médecins à prescrire ces médicaments sur le long terme. (En Europe et au Japon, ce genre de médicament n’est prescrit que dans des cas extrêmes, notamment pour les personnes atteintes de cancer.)

Aujourd’hui, la compagnie pharmaceutique Purdue pourrait paradoxalement bénéficier financièrement de la crise sanitaire qu’elle a contribué à créer. En effet, il s’avère que Richard Sackler, qui fait partie de la famille propriétaire de Purdue Pharma, est un des inventeurs d’un médicament anti-addiction qui vient d’être breveté.

Selon le Financial Times, qui a révélé l’information, le produit en question est une nouvelle forme de buprénorphine, un opiacé léger utilisé pour traiter la dépendance aux opiacés comme l’héroïne ou l’OxyContin. L’innovation de ce produit est que le médicament sera sous forme de fine gaufrette qui se dissout très rapidement dans la bouche, un format pensé pour empêcher les détournements d’utilisation.

Le brevet fait mention de cinq inventeurs, dont Sackler, et plusieurs autres qui ont travaillé pour Purdue Pharma.

Interviewé par le Financial Times, le directeur d’un centre anti-addiction à New York expliquait:

«Ce que Purdue Pharma a fait à notre santé publique est répréhensible. [La famille Sackler] ne devrait pas être autorisée à continuer à vendre des opiacés synthétiques – y compris des substituts».

Si l’épidémie d’overdose actuelle est plutôt liée à l’héroïne et au fentanyl, une étude a montré qu’en 2015, la majorité des personnes traitées pour addiction aux opiacés avaient commencé avec des antidouleurs comme l’OxyContin.

Repéré par Claire Levenson —  — mis à jour le 8 septembre 2018 à 17h44

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