Un brevet et un traitement contre l’hépatite C

Un brevet et un traitement contre l’hépatite C

21 septembre 2018 Non Par taslitewp

L’Office européen des brevets a décidé, ce jeudi 13 septembre, de maintenir le brevet du laboratoire Gilead sur le sofosbuvir, utilisé dans le traitement contre l’hépatite C. Une nouvelle catastrophique pour bon nombre d’associations de soutien aux patient.e.s.

C’était une décision très attendue par Médecins du Monde, Aides et Médecins sans frontières. Le verdict vient de tomber : l’Office européen des brevets (OEB) maintient le brevet de la firme pharmaceutique américaine Gilead Sciences sur le sofosbuvir, molécule utilisée pour traiter l’hépatite C et commercialisée sous le nom de Sovaldi. Une décision catastrophique pour de nombreux militants, qui se sont rassemblés devant l’organisation européenne à Munich, ce jeudi 13 septembre, pour faire entendre la voix des patient.e.s et dénoncer le monopole du laboratoire sur le médicament.

« Les industriels vont pouvoir continuer à commercialiser leurs médicaments à des prix indécents et faire du bénéfice au dépend des malades », a réagi sur Twitter Médecins du Monde à l’annonce de la décision :

Un brevet « totalement infondé »

Depuis plusieurs mois, plusieurs associations mènent une bataille juridique inédite afin de faire annuler ce brevet, qualifié de « totalement infondé » par Aides. Le jeudi 12 septembre, cette dernière a co-signé, avec Médecins du Monde, Médecins sans frontières et d’autres organisations européennes, un communiqué pour dénoncer les prix pratiqués par la firme pharmaceutique :

« Gilead a fixé jusqu’à 43.000 euros le prix pour un traitement de 12 semaines au sofosbuvir en Europe. Dans le même temps, les pays où le médicament n’est pas breveté ont pu baisser le prix de la cure de sofosbuvir à moins d’une centaine d’euros grâce à la concurrence entre les producteurs de médicaments génériques. Des études ont démontré que la fabrication du médicament coûte moins de 1 euro par comprimé. »

Un coût qui impacte directement les patients : « Le sofosbuvir est le composant essentiel de la plupart des combinaisons thérapeutiques contre l’hépatite C. Pourtant, l’accès à ces nouveaux traitements reste très limité au niveau mondial en raison des prix élevés, qui forcent les gouvernements et les professionnels de santé de nombreux pays à les rationner et à en limiter l’accès aux seules personnes qui sont à des stades avancés de la maladie », poursuit le communiqué, dénonçant une « injustice ».

71 millions de personnes porteuses du virus

Les espoirs d’un meilleur accès au traitement contre l’hépatite C (VHC) se sont éteints avec cette décision de l’Office européen des brevets, rendant pour le moment impossible la production de génériques à moindre coût.

Le virus de l’hépatite C est transmis par le sang, notamment par le partage de matériel d’injection de drogues, mais peut aussi l’être lors de rapports sexuels. Le VIH et les infections sexuellement transmissibles (IST) facilitent la contamination par le VHC au cours de relations non protégées.

Plus de 71 millions d’individus sont porteurs chroniques de ce virus dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé. Et les médicaments antiviraux, tels que le sofosbuvir, permettent de guérir plus de 95% des individus infectés. Parmi les personnes diagnostiquées, seules 7,4% ont débuté le traitement en 2015, toujours selon l’OMS. Un pourcentage qui ne risque malheureusement pas de progresser avec le maintient du brevet de Gilead.

 

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